GUERISONS PAR LA FOI

Matthieu 9 :18-34
Verset Clé : 28b-29 « Croyez-vous que je puisse faire cela ? Oui, Seigneur, lui répondirent-ils. Alors il leur touche les yeux en disant : Qu’il vous soit fait selon votre foi. »
Ce passage relate 4 épisodes de guérisons par la foi de personnes qui viennent à Jésus. Il y a le cas de la fille du chef de synagogue mourante, le cas de la femme atteinte de perte de sang depuis 12 ans, le cas de deux aveugles, et le cas d’un démoniaque. Un chef de la synagogue, nommé Jaïrus dans les autres évangiles, vint trouver Jésus. Il est quelqu’un d’autorité qui organise le service religieux et réglait les affaires de la synagogue, mais là il a un problème : il vient implorer le secours de Jésus pour sa fille malade et mourante. Il exprime qu’il croit que si Jésus vient imposer les mains de sa fille, elle sera guérie. Jésus décide de le suivre. Mais le trajet de Jésus vers la maison de Jaïrus fut interrompu par un incident qui aurait pu confirmer la foi naissante de Jaïrus, mais peut-être aussi simplement le rendre impatient à cause du retard. L’intruse était une femme, dont d’après les autres évangiles, l’hémorragie avait été résistante à tout traitement médical. Elle souffre d’une menstruation continuelle, ce qui la rend au regard de la loi rituellement impure et elle contaminerait tous ceux qui l’approchaient. Cela explique probablement pourquoi elle s’approcha de Jésus par derrière, espérant ne pas être vue. Elle avait surement peur de s’approcher publiquement de Jésus ; mais elle avait assez de foi pour espérer que le seul fait de toucher son vêtement la guérirait. Selon une croyance ancienne, les mouchoirs ou les tabliers ayant touché un guérisseur transmettaient le pouvoir de guérir, tout comme son ombre comme on voit dans Ac 19 :12 et Ac 5 :15. On pourrait être tenté de rejeter sa foi comme étant superstitieuse, mais Jésus ne le fit pas. Son pouvoir de guérison ne sortit pas de lui automatiquement au simple contact, mais resta sous son contrôle, et il répondit instinctivement à la foi dont il sentait la présence. Il se retourna vers elle et dit en la voyant « Prends courage, ma fille, ta foi t’a guérie. » En grec « sesoken » utilisé ici se réfère habituellement au salut sur le plan spirituel. Même si la guérison physique est intervenue en touchant le vêtement, l’être tout entier ne peut être sauvé que par une rencontre face à face avec Jésus-Christ. Par cet échange, Jésus put compléter la guérison en lui redonnant toute sa dignité et en établissant une relation avec elle sur une base vraiment personnelle et dégagée de toute apparence de superstition.
Par contre, dans les autres évangiles, il est plus explicite que le délai d’attente pour Jaïrus virer au cauchemar pour celui-ci puisqu’on lui annonce que c’est trop tard, sa fille est morte entre temps. Jésus arriverait trop tard. Les rites funéraires de déroulaient très rapidement en Orient aux temps anciens comme visible dans Actes 5 :5-7, le deuil aurait débuté aussitôt après le décès de la fillette. Les joueurs de flute et les pleureuses étaient déjà engagés et prêts à entrer en action. Mais Jésus leur dit « Retirez-vous ». Il n’avait que faire de gens payés pour manifester un chagrin factice. Jésus leur dit que la fillette n’est pas morte, mais elle dort. Tous se moquent de lui. On peut y voir le début de l’enseignement chrétien sur la mort : Dieu la considère comme un sommeil qui sera suivi d’un réveil (1 Th 4 :13-14). Tous les morts sont à portée de voix de Jésus. L’autorité de Jésus s’étend au-delà de la tombe.
Quand la foule est renvoyée, Jésus entre dans la pièce auprès de la jeune fille. Quand les autres évangiles rapportent les paroles de Jésus, ou le fait que Jésus fait demander à manger pour la fillette, Matthieu se contente de n’indiquer qu’une action sans parole : Jésus saisit la jeune fille par la main, et la jeune fille se leva. Il est le seul à montrer aussi l’accroissement de la renommée de Jésus dans toute la contrée à cause de cet épisode.
Deux aveugles viennent ensuite voir Jésus, en criant « Aie pitié de nous, Fils de David. » Ils s’adressent au fils de David. On s’attendait à ce que le Messie Fils de David rende la vue aux aveugles, selon Es35 :5. Jésus continue vers une maison et en y arrivant, les aveugles continue et s’approchent de Jésus. Jésus leur dit « croyez-vous que je puisse faire cela ? ». Ils répondent « Oui, Seigneur. » Cette affirmation implique une foi en la puissance et la personne du Christ, bien que, dans ce contexte, le mot « Seigneur » n’ait pas toute sa signification chrétienne. Jésus a vu leur foi. Il touche alors leurs yeux en disant : « Qu’il vous soit fait selon votre foi. » Leurs yeux s’ouvrirent alors. Avant de repartir, Jésus leur fait une recommandation sévère : prendre garde que personne ne sache. C’était selon les hasards de sa mission que Jésus accomplissait des miracles, et les gens, de ce fait, risquaient de croire en lui en tant que faiseur de prodiges, au lieu de voir en lui le Fils de Dieu et le Sauveur du monde, révélation même de l’amour divin. Jésus ne veut pas susciter de publicité malencontreuse qui susciterait de faux-espoirs. Finalement, un tel miracle ne pouvait être passé sous silence et ces hommes n’ont pas pu s’empêcher de désobéir et répandre sa renommée dans tout le pays. On lui amène dans la foulée un démoniaque qui a un esprit qui lui donne le mutisme. Il est écrit « le démon chassé, le muet parla. » Matthieu ne détaille plus rien sur Jésus sauf le résultat : Jésus a chassé le démon et les foules sont dans l’admiration, n’ayant jamais rien vu de semblable en Israël. Ceci était tellement impactant que les Pharisiens s’en mêlent et accusent Jésus d’avoir le pouvoir des démons qui chasse les démons. C’est le début de la controverse du chap. 12 :24 à venir. Retenons que Jésus a l’autorité. Les cas désespérés comme les aveugles et les démoniaques, ou les malades, voire les impurs sont des enfants de Jésus. Prenons courage et gardons la foi en notre Seigneur Jésus Christ qui aime tant les hommes et femmes qu’il intervient sans cesse au risque de se dévoiler et que son message principal ne soit pas perçu. Jésus veut que nous venions à lui avec la foi et nouions la relation personnelle avec celui qui guéri notre âme entière. (AF)

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